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La survie de Paul VI et son retour à Rome

La survie de Paul VI et son retour à Rome

Le vrai Troisième Secret de Fatima reconstitué


L'encyclique Humanae Vitae et les périodes infécondes

Publié par Jean-Baptiste sur 25 Juillet 2016, 11:02am

Dans un récent article, le blog de Senex déclare que l'encyclique a "autorisé" l'usage de l'acte conjugal durant les périodes infécondes. En vérité, il s'agit d'une manière de parler à la fois imprécise et incomplète, pour deux raisons :

1°) La sexualité humaine est davantage régie par la loi naturelle que par la loi ecclésiastique. Le Pape Paul VI n'a donc pas "autorisé" une chose qui aurait été interdite avant, il a simplement rappelé la loi naturelle.

2°) Il serait faux de penser que selon cette encyclique la morale naturelle permet un usage sans restriction (et sans aucun péché) de l'acte conjugal durant les périodes infécondes.

Nous avons déjà évoqué ce sujet et avons déjà répondu à Senex, qui a diffusé des idées fausses sur la question (ce qui est d'autant plus problématique qu'il a co-dirigé un centre dédié à la défense de l'encyclique Humanae Vitae).

L'encyclique est très claire :

"Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler."

Ainsi, l'encyclique dit bien que l'acte conjugal n'est permis durant les périodes infécondes que lorsqu'il y a "de sérieux motifs". Et surtout, ce passage est à lire en parallèle avec un autre passage de l'encyclique :

"En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien, c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux."

À la lumière de l'enseignement des Pères et des moralistes, et spécialement de St. Thomas d'Aquin, il faut comprendre que le mariage est un état de tolérance : l'Église sait, dans sa sagesse, que le commun des hommes a peu de vertu, et le mariage a pour fin non seulement la propagation de la race humaine, mais l'apaisement de la concupiscence ; car il vaut mieux que les hommes aient une chasteté très imparfaite dans le mariage, plutôt que de s'adonner à la fornication ou à l'adultère.

Lorque Paul VI déclare "il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand", il fait directement référence à l'objet dont il vient de traiter : à savoir que l'usage de l'acte conjugal durant les périodes infécondes est un moindre mal comparé au péché d'adultère qui pourrait résulter de l'absence de tous rapports conjugaux chez certains époux. La différence avec la contraception est que cette dernière procède toujours d'une volonté mauvaise, à savoir de stériliser artificiellement le rapport conjugal, indépendamment de l'ordre naturel. Contrairement à ce que prétend le monastère de la Sainte Famille, ça n'est pas la même chose ; mais dans l'autre sens, les catholiques qui disent qu'il n'y a absolument aucun péché à faire usage de l'acte conjugal durant les périodes infécondes ont tort eux aussi. Comme le dit Saint Thomas d'Aquin, il y a toujours au minimum péché véniel ; et je dirais probablement plus si la sexualité des deux époux est par trop excessive.

J'ai déjà parlé de cette question au téléphone avec un abbé breton survivantiste, et il m'a dit, comme de nombreux prêtres le diraient aussi : "c'est mieux de ne pas le faire, mais ça n'est pas un péché". En soi cette affirmation est fausse, et s'inscrit en droite ligne de la théologie moderne, qui a décomplexé de plus en plus le péché vénérien. Bien avant le "sexologue Jean-Paul II" (comme l'appelait l'abbé de Nantes qui n'était pourtant pas bien sévère sur ce sujet), il y avait déjà des prêtres catholiques qui enseignaient cette erreur.

Encore une fois, St. Augustin, St. Césaire d'Arles, St. Thomas d'Aquin, et d'autres, sont très clairs pour dire - à juste titre - que celui des époux qui demande le dû conjugal durant les périodes infécondes est coupable de péché véniel (bien que l'autre partie soit tenue d'accéder à son désir en vertu d'un plus grand bien, qui est de le préserver de l'adultère, de l'impureté solitaire, ou de péchés de ce genre). Cela peut même être un péché plus grave lorsqu'il s'agit de la période des menstruations, ce péché ayant été puni de mort sous l'Ancienne Alliance (voir le chapitre XVIII du Lévitique), et rangé aux côtés de l'inceste, de l'offrande aux idoles de ses enfants sacrifiés, et d'autres crimes épouvantables parmi les abominations qui ont conduit Dieu à "vomir les nations" semblables à celles des Cananéens ! Si ce n'est pas un péché mortel en tout cas c'est un péché sérieux, qui peut avoir des conséquences funestes en cas de fécondation accidentelle (ça reste possible durant les menstruations).

Aussi, il est absolument faux - je ne le répéterai jamais assez - de dire, comme le font probablement un très grand nombre de prêtres traditionalistes, qu'il n'y a pas de péché du tout lorsque les époux usent de l'acte conjugal durant les périodes infertiles. De même, des Pères ont déjà dit que si l'un des deux époux est stérile, bien qu'il ait le droit d'user de l'acte conjugal avec son conjoint ce serait un abus et un péché d'en user excessivement, en profitant en quelque sorte de sa stérilité pour s'adonner plus librement au péché.

Toujours il faut retenir :

1°) Qu'il y a péché véniel du côté de celui des époux qui fait la demande (durant les périodes infécondes).

2°) Qu'il n'y a pas de péché (et même qu'il y a devoir) chez celui qui reçoit la demande (et qui doit y accéder au nom d'un plus grand bien).

 

Sans le péché d'Adam et Ève, nous n'aurions très probablement même pas d'organes sexuels, qui sont appelés "notre honte" dans la Bible. Comme l'enseignent les Pères et les moralistes, la sexualité est un mal qui doit toujours être excusé ; et il n'est pleinement excusé que lorsque l'acte conjugal est motivé par la SEULE procréation.

Cependant je ne rejoins pas du tout un sédévacantiste suisse dont on m'a transmis les travaux, qui prétend que dans le jardin d'Éden l'arbre de la connaissance n'était qu'une métaphore d'Adam et que son épouse a couché avec lui. Il est vrai qu'à partir du moment où Ève avait commis le péché d'orgueil (en écoutant le serpent), elle pouvait commettre d'autres péchés (notamment le péché de chair) ; mais Anne-Catherine Emmerick, cette âme si favorisée et dont les révélations sont parmi les plus crédibles qui soient, décrit bien l'Arbre comme réel. Elle ajoute une phrase fort mystérieuse : "j'ai vu que le péché ne fut pas consommé par le seul usage du fruit défendu" (ce genre de formule), mais dit bien que l'Arbre était réel. Elle affirme surtout que Dieu avait dit à Adam et Ève qu'Il leur révélerait le moyen qu'Il avait institué pour assurer la propagation de leur race, et que par la consommation du fruit ils désobéirent et se rendirent indignes de profiter de cette bénédiction (ce qui donna lieu à la propagation charnelle de la race humaine) ; mais Anne-Catherine Emmerick ne dit pas qu'Adam et Ève aient couché ensemble.

À lire le sédévacantiste dont on m'a transmis les travaux, on dirait presque que les catholiques devraient s'abstenir de la sexualité (comme le proclamaient les Cathares sans nécessairement obéir à leurs propres préceptes !) : du moins c'est l'impression que j'ai en le lisant. Or c'est faux ; mais comme l'a dit le Christ, les époux doivent cesser tout rapport après la conception (tel est l'idéal chrétien) ; sinon, ils pèchent peu ou prou, ce que le Christ a décrit comme "récolter les fruits amers de la concupiscence" ; et ces fruits amers sont la mésentente d'un couple où l'homme et la femme ne savent pas s'aimer d'un amour spirituel.

Un jour j'écoutais le sermon d'un prêtre sédévacantiste qui disait, d'un ton morne et presque déprimé, que les époux devaient "faire régner le Calvaire dans leur foyer", que fréquenter une fiancée était nécessaire mais "une occasion de péché mortel", et autres formules peu attrayantes. Or, autant j'ai une vision sévère (mais juste) du mariage chrétien, autant je trouvais cette manière de parler abusive et chagrine. La vie chrétienne est comparable aux saisons : tantôt nous devons faire pénitence avec l'hiver, tantôt nous réjouir avec le soleil. Souffrir toujours est un idéal que peu ont la force d'attendre ; et ce serait déjà bien pour Dieu si ses serviteurs étaient de bons chrétiens. Donc il ne faut pas contrister les âmes en leur répétant d'un ton déprimé "faites régner le Calvaire dans votre foyer" ! Ce prêtre disait qu'il avait vu très peu de couples (même traditionalistes) continuer à s'aimer vraiment. À supposer que ce soit vrai, le problème est qu'il ne leur donnait pas le rémède : il ne leut expliquait pas pourquoi.

S'aimer d'un amour spirituel, et non d'un amour charnel, c'est le secret du bonheur véritable et de l'entente entre les couples. Savez-vous quels sont les désordres des "couples" homosexuels par exemple ? Savez-vous à quel point ils sont infidèles entre eux ? Si tel est le cas c'est justement parce que le centre de leur relation, c'est la sexualité ; et qui plus est une sexualité qui a fait tomber le feu de Dieu sur Sodome et Gomorrhe. On est loin de l'amitié virile masculine, chaste, qui régnait chez les Templiers ou chez tous ces braves guerriers qui ont traversé l'histoire occidentale (même parfois chez les païens).

Senex évoque les "rigoristes" de nos ancêtres, mais si la plupart de nos ancêtres avaient été rigoristes, la crise de l'Église n'aurait pas eu lieu : donc il est faux de dire que nos ancêtres ont eu une conception et une pratique rigoristes de la sexualité.

En vérité, il y a tant de plaisirs diversifiés (spécialement à notre époque), et assez de très innocents ; alors choisir le sexe, c'est choisir le plaisir le plus vil. Et plusieurs de nos prêtres, qui endorment trop souvent nos frères dans un faux confort, ne leur enseignent pas le vrai chemin du salut. Ils devraient dire : "chaque acte conjugal que vous vous permettez pour la seule volupté, vous le thésaurisez au purgatoire ; et Dieu sait combien vos souffrances seront supérieures à celles que vous auriez supportées en vue du mérite de la continence".

Les Pères l'ont dit : la chasteté bien pratiquée, même dans le mariage, relève de l'héroïsme ; mais quel récompense, et aussi, quelles souffrances épargnées dans le Purgatoire !

 

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