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La survie de Paul VI et son retour à Rome

La survie de Paul VI et son retour à Rome

Le vrai Troisième Secret de Fatima reconstitué


L'acceptation pacifique du pape par l'Église universelle

Publié par Jean-Baptiste sur 8 Septembre 2016, 07:49am

Une personne de nos milieux survivantistes s'obstine à m'envoyer des courriels où elle me fait part de ses théories embrouillées, en répétant toujours la même chose, sans jamais répondre à mes contre-arguments. L'intéressé - qui ne veut même pas que je dise son nom - m'accuse de "bricolage théologique" alors que, s'il y en a un qui bricole c'est bien lui, comme nous l'avons déjà vu dans un article précédent et comme nous allons le voir à nouveau ici.

Ses erreurs sont les suivantes :

1°) Monsieur X prétend que Wojtyla et ses successeurs ont été reconnus pacifiquement par l'Église universelle, au motif que selon lui, même la Fraternité Saint Pie X les a reconnus.

En réalité, comme je l'ai déjà démontré en citant Van Noort, la reconnaissance du pape est à la fois théorique et pratique. Elle implique une pleine communion avec le Pontife Romain, sans quoi il n'y a pas d'obéissance pratique. Or, Mgr Lefebvre avait beau se déclarer "en pleine communion avec la Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine", le fait est qu'il n'était pas en communion avec Wojtyla, et d'autant plus qu'il était considéré comme excommunié (invalidement, en réalité !) et engageait des pourparlers avec Rome en vue du ralliement ! Il faut être "fort" pour dire que Mgr Lefebvre et ses fidèles ont "reconnu" Wojtyla et ses successeurs alors que la hiérarchie de la Fraternité Saint Pie X était considérée comme excommuniée ! Et encore aujourd'hui, il y a des pourparlers avec Rome en vue du ralliement : donc c'est une pure et simple idiotie, qui ne repose sur aucun fondement théologique, de dire que la Fraternité Saint Pie X est ralliée (a fortiori depuis le début), et que Wojtyla et ses successeurs ont été acceptés pacifiquement par l'Église universelle.

2°) Monsieur X prétend qu'un antipape peut être accepté par toute l'Église : en effet, tout en affirmant que Paul VI est probablement toujours vivant, il dit que Wojtyla et ses successeurs ont été acceptés par toute l'Église. Donc soit il soutient qu'il peut exister plusieurs papes à la fois, soit il soutient qu'un antipape peut être accepté par toute l'Église.

Or, le magistère ordinaire universel enseigne qu'il est impossible qu'un antipape soit accepté pacifiquement par toute l'Église. En fait, Monsieur X essaie de réconcilier sa position avec la survie de Paul VI, en usant d'un subterfuge qui n'a rien à envier au plus subtil rabbinisme : selon lui, un conclave proprement dit ne s'entend que de l'assemblée régulière des cardinaux en période de vacance ; corrélativement, Monsieur X en conclut que l'acceptation pacifique de Wojtyla et de ses successeurs ne s'est pas exercée dans le cadre d'un conclave, et donc qu'elle n'exclut pas la survie de Paul VI.

Même parmi les sédévacantistes je n'ai jamais trouvé une position aussi embrouillée ! Car il ne change rien de savoir si le conclave ne s'entend que d'une assemblée légale ou non : ce serait tomber dans le nominalisme, dans une "querelle de mots", comme on dit en droit. Sous le temps de la grâce le conclave n'a pas toujours existé, mais l'acceptation pacifique si ; donc la question de l'acceptation pacifique est indépendante de celle du conclave, et l'acceptation peut avoir lieu sans conclave. L'acceptation pacifique et universelle est simplement le SIGNE que Dieu donne de la certitude infaillible de l'élection, et donc de la régularité du procédé utilisé (qu'il s'agisse d'un conclave, d'une acclamation, ou de quelque autre mode légal de transmission de l'autorité pontificale). Or, l'élection légale d'un pape fait obstacle à la reconnaissance universelle de tout autre élu ; donc tant que ce pape est vivant, nul autre ne peut être accepté pacifiquement et universellement. Par conséquent, que Monsieur X le veuille ou non, s'il prétend que Wojtyla et ses successeurs ont été acceptés pacifiquement, il lui est impossible de continuer à dire que Paul VI est toujours vivant ; et son propre frère l'a très bien compris, aussi a-t-il adopté une position conforme à ses vues et à ses erreurs : il rejette la survie de Paul VI ! Tandis que Monsieur X essaie de trouve un BIAIS, un artifice de raisonnement, qui lui permette de concilier ses théories fumeuses avec la survie de Paul VI.

Qu'est-ce que les hommes n'inventent pas pour justifier leurs erreurs, leurs théories embrouillées, et ce pour l'unique plaisir de s'attacher au moi, à la volonté propre. En somme il ne s'agit pas de chercher la vérité, mais ce qu'il nous plaît de croire...

 

M'envoyer des courriels pour me faire des objections aussi peu sérieuses (du même ordre que celles que l'on m'adresse sur des forums anglophones), c'est perdre son temps.

Je crois que je n'ai jamais vu une doctrine aussi peu connue et mal comprise que celle de l'acceptation pacifique du Pape ; et pourtant il s'agit de la clé de compréhension de toute la crise de l'Église...

 

 

 

Rappel - la neuvaine du 8 septembre (aujourd'hui) :

Commenter cet article

Flavien 13/09/2016 03:42

Vous écrivez : « la croyance moralement unanime des chrétiens.»
Vous saurez ce que veut dire le terme "unanime" en théologie et notamment dans le cadre du Magistère ordinaire universel, en lisant les pages 181-188 du livre de l'abbé Bernard Lucien (qui n'est pas ou plus sedevacantiste) : "Les degrés d'Autorité du Magistère ", ici :
http://jesusmarie.free.fr/bernard_lucien-les-degres-d-autorite-du-magistere.pdf
(téléchargement gratuit du livre entier)
Je pense que c'est suffisamment clair et donc que le débat est clos, en confirmant du reste pleinement mon premier message ci-dessous.

Jean-Baptiste 12/09/2016 08:31

Je vous cite : "L'acceptation de l'Église universelle : ce sont donc les cardinaux valides et les évêques résidentiels, autrement dit l'Église enseignante ayant juridiction."

-> C'est faux. L'Église universelle, c'est l'Église universelle (point final). Les hommes sont les spécialistes quand il s'agit de tout dénaturer, par manque de simplicité. Si l'Église universelle s'entendait uniquement des REPRÉSENTANTS de l'Église universelle, alors les théologiens l'auraient précisé ; or ils ont dit exactement le contraire : ils ont parlé explicitement de l'Église CROYANTE et enseignante, donc de TOUTE l'Église. C'est la quatrième manifestation du magistère ordinaire universel, à savoir la croyance moralement unanime des chrétiens.

Au sujet de Wojtyla, je répète que le fait de lui écrire pour protester de sa soumission à lui tout en lui désobéissant de la manière la plus évidente, n'est pas une preuve de soumission authentique. Il ne s'agit que de mots, rien de plus. J'ai été assez clair sur ce point. Je répète que même l'abbé Ricossa admet que la Fraternité Saint Pie X ne reconnaît pas les antipapes du Vatican.

Flavien 12/09/2016 00:44

Qu'est-ce que l'Église universelle ?
M. l'abbé Lucien a répondu clairement à ce sujet et c'est à retenir :
« La hiérarchie (l’ensemble des évêques résidentiels unis au pape) représente authentiquement l’Église universelle. » (B. LUCIEN, La situation actuelle de l’autorité dans
l’Eglise. La Thèse de Cassiciacum, Bruxelles 1985, p. 107)
Je ne vois donc pas ce que vient faire la FSSPX dans ce cas de figure : son évêque n'était pas un évêque résidentiel, mais retraité, et qui plus est suspens a divinis, sous Paul VI, donc quasi excommunié ! (ce n'est pas l'acceptation de ces personnes qui valide une élection pontificale !) De surcroit, Mgr Lefebvre a écrit plusieurs fois à J.P. II, notamment en 1980 (8 mars), ceci : « Très Saint Père, Afin de mettre fin à des doutes qui se répandent (…) concernant mon ATTITUDE et ma PENSÉE vis-à-vis du pape, du Concile et de la Messe du Novus Ordo et craignant que ces doutes ne parviennent jusqu’à Votre Sainteté, je me permets d’affirmer à nouveau ce que j’ai toujours exprimé: - 1. Que je n’ai aucune hésitation sur la légitimité et la validité de Votre élection et qu’en conséquence je ne puis tolérer que l’on n’adresse pas à Dieu les prières prescrites par la sainte Eglise pour Votre Sainteté. J’ai dû déjà sévir et continue de le faire vis-à-vis de quelques séminaristes et quelques prêtres qui se sont laissés influencer par quelques ecclésiastiques étrangers à la Fraternité. - 2. Que je suis pleinement d’accord avec le jugement que Votre Sainteté a porté sur le Concile Vatican II le 6 novembre 1978 à la réunion du Sacré Collège: ‘Que le Concile doit être compris à la lumière de toute la Tradition et sur la base du magistère constant de la Sainte Eglise’. - 3. Quant à la Messe du Novus Ordo, malgré toutes les réserves qu’on doit faire à son égard, je n’ai jamais affirmé qu’elle est de soi invalide ou hérétique. »
C'est assez clair il me semble, si on veut rester honnête !!!
Seul Mgr de Castro Mayer était évêque résidentiel en 1978, et utilisait pour son diocèse l'ancien rite de la Messe, mais avec une permission spéciale et en se référant à des textes de Vatican II, donc légalement et sans opposition aucune vis à vis de Rome (https://fr.wikipedia.org/wiki/Ant%C3%B4nio_de_Castro_Mayer)... Il a d'ailleurs reconnu les élections de 1978 et célébré una cum.
L'acceptation de l'Église universelle : ce sont donc les cardinaux valides et les évêques résidentiels, autrement dit l'Église enseignante ayant juridiction. S'il fallait attendre que tous les catholiques du monde entier (notamment l'Église enseignée : prêtres et fidèles) soient d'accord, de l'enfant, jusqu'au dernier cardinal, il n'y aurait plus de certitude quant à cette acceptation pacifique et universelle... Autant "revoter" par la base (humour) ! Là encore, vous déraillez dans votre analyse... En 1978, je vous signale aussi que les cardinaux étaient de vrais cardinaux, et les évêques avaient juridiction par le pape Paul VI (sur la fin, il a pu y avoir des fausses nominations, certes, notamment au consistoire de 1977, mais la grande majorité restait avec une vraie juridiction).
Pour ma part, je suis plutôt de l'avis de votre correspondant : On ne peut pas parler de l'Église universelle si le pape était encore vivant et mis de côté. Il s'agissait d'une manœuvre clairement quoique occultement schismatique. Les cardinaux + tous les évêques résidentiels représentent bien l'Église universelle lorsque le siège est vacant (pape mort ou démissionnaire), mais non quand le pape est vivant : puisque comme le dit l'abbé Lucien, il faut qu'ils soient unis au pape. En 1978, il a été mis de côté, enfermé, mais ça ne change pas ce qui vient d'être dit : ce n'était plus l'Église universelle de ce fait. La véritable et surtout complète Église universelle ne s'est donc pas exprimée en 1978 : il s'agissait au contraire d'une sédition cachée, d'une rébellion contre le souverain Pontife encore vivant. Bref, d'un schisme. Dans ce cadre là, le saint-Esprit n'est absolument pas obligé d'intervenir...
Si vous ne suivez pas cet argumentaire, eh bien oui alors, il y a bien eu une reconnaissance universelle lors des conclaves de 1978, par tous les cardinaux + tous les évêques résidentiels, sans exception, et toute votre thèse s'écroule...

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