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La survie de Paul VI et son retour à Rome

La survie de Paul VI et son retour à Rome

Le vrai Troisième Secret de Fatima reconstitué


Les affections déréglées (suite n°2)

Publié par Jean-Baptiste sur 27 Juin 2017, 17:23pm

 

Dans mes précédents articles, j'avais anonymisé le nom de notre contradicteur, parce que ce dernier souhaite que son nom ne soit pas divulgué ; mais j'ai appris qu'il avait envoyé un courriel à des survivantistes pour dénoncer notre position théologique : donc je n'hésite pas désormais à révéler son nom : c'est Laurent Morlier, qui dirige les éditions D.F.T.

S'il avait gardé ses critiques pour lui (et pour nous), j'aurais conservé l'anonymisation ; mais étant donné qu'il a écrit à des survivantistes, il ne serait pas juste que lui se permette de nous critiquer nommément de façon souterraine, et que nous, nous ne révélions pas son nom. À mon sens, il s'agit là d'une question de justice. Si Laurent Morlier veut conserver l'anonymat, alors qu'il n'adresse pas aux autres des critiques à notre encontre : qu'il les garde pour lui et pour nous.

Comme de coutume, l'intéressé ne lit pas nos arguments, ou en tout cas n'y répond pas. Par exemple, il prétend que le terme de licéité, employé par les papes modernes à propos des relations conjugales en dehors des périodes de fécondité, exclut tout péché même véniel ; or c'est une erreur pour deux raisons :

1°) J'ai déjà démontré que le terme de licéité n'exclut pas nécessairement tout péché véniel, en évoquant le Pape Alexandre III. On peut dire la même chose du mot "permission". Il ne faut pas oublier que le mariage est un état de tolérance, où des péchés qui seraient habituellement mortels deviennent véniels, et où des actes relevant habituellement du péché deviennent bons.

2°) La licéité de l'acte conjugal s'envisage in globo : c'est-à-dire que lorsque l'un des époux a une intention mauvaise ou imparfaite, l'acte conjugal peut demeurer licite dans sa globalité si l'autre époux a une intention pure. Je dis bien "peut", car ça n'est pas toujours le cas. Lorsqu'un époux A souhaite user du mariage avec un contraceptif, l'époux B n'a pas le droit de consentir : l'acte ne peut pas être licite. Mais lorsqu'un époux A souhaite user du mariage sans finalité procréatrice, tout en préservant l'intégrité de l'acte, l'époux B a le droit de consentir car l'acte dans sa globalité est licite ; et pourtant l'époux A n'a pas une intention tout à fait pure, partant qu'il n'a pas pour vue la seule fin liée à la procréation, mais les fins secondaires liées à l'apaisement de la concupiscence, qui ne sont pas indépendantes et donc qui n'excusent que partiellement le mal attaché à la sexualité (comme je l'ai déjà expliqué en citant St. Thomas, l'usage de la sexualité est un mal, qui doit être excusé par les biens du mariage).

J'ajouterais que Laurent Morlier semble avoir très mal compris les propos de Saint Augustin sur le plaisir dans l'acte conjugal, ou en tout cas il s'exprime comme s'il ne les avait pas compris : St. Augustin et de nombreux théologiens expliquent que le plaisir ne doit pas être cherché pour lui-même, mais qu'il doit servir à la fin qui lui est assignée. Dans le cas du mariage, la fin constitue la procréation : sans plaisir il n'y a pas de procréation possible. Donc les époux peuvent honnêtement chercher le plaisir dans l'usage du mariage, mais en vue de la procréation.

De même, il est permis de chercher une satisfaction modérée des sens dans le boire et le manger, afin d'augmenter notre appétit, qui est nécessaire à la régénération des forces du corps. Même les pâtisseries n'impliquent pas toujours de péché véniel, car elles sont riches en graisses et il peut être profitable au corps de bénéficier quelque fois d'apports importants en graisses.

Rechercher les plaisirs sensibles pour eux-mêmes est un péché, ou en tout cas une imperfection, car le plaisir ne constitue pas le principe de la vie sur terre. On ne doit donc chercher les plaisirs qu'en considération de leurs fins.

Laurent Morlier cite le cas des noces de Cana, où le Christ a fait apparaître du bon vin, afin de réfuter nos arguments ; mais cet exemple n'est pas bon, pour trois raisons :

1°) Ce miracle n'incitait pas les invités au péché (dans notre optique), car ils pouvaient rechercher le plaisir en considération de sa fin, dans les limites de la tempérance.

2°) À supposer même que plusieurs personnes aient été incitées au péché, d'une part c'est de leur seule faute à elles, et d'autre part, qui dit péché véniel dit indulgence : le péché véniel ne cause pas la mort éternelle.

3°) Ce miracle servait avant tout à manifester la puissance du Christ et à figurer le sacrement du baptême.

 

Dans les manuscrits sur le Purgatoire on voit que Dieu punit la moindre imperfection. Le meilleur exemple est celui du jeu : jouer n'est pas malhonnête (si le jeu n'a rien de mal), mais dès qu'il excède ce qui est requis pour reposer l'esprit, il devient une forme d'adultère spirituel (ce qui signifie qu'on en est comptable devant Dieu) ; or vous avouerez qu'on use souvent des distractions plus que ce qui est requis pour le repos de l'esprit. Et si vous le niez c'est soit que vous avez une vie particulièrement méritoire (ou à la limite de l'esclavage), soit que vous vous mentez à vous-même...

Mais pour revenir à la comparaison entre la nourriture et la sexualité, cette comparaison a ses limites car comme l'explique St. Thomas la nourriture sert à la conservation de l'individu, tandis que la sexualité ne sert qu'à la conservation de l'espèce : donc on abuse plus facilement de la sexualité que de la nourriture.

 

 

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