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La survie de Paul VI et son retour à Rome

La survie de Paul VI et son retour à Rome

Le vrai Troisième Secret de Fatima reconstitué


Les affections déréglées (suite)

Publié par Jean-Baptiste sur 24 Juin 2017, 13:49pm

 

Revenons quelques instants au courriel de l'ami breton...

Ce dernier objecte à mon frère que les rapports conjugaux durant les périodes infertiles ne sont pas peccamineux, au motif que l'Église accepte de marier des vieillards ou des époux stériles ; de surcroît l'Église enseigne également que ces derniers (les époux stériles) peuvent avoir des relations conjugales.

En réalité cet argument, qu'on entend très fréquemment, est absolument dénué de sens :

Premièrement parce que l'ami breton oublie, là encore, que l'état du mariage constitue un état de tolérance, qui transforme en péchés véniels des actes qui seraient autrement des péchés mortels. En d'autres termes Dieu tolère une intempérance relative chez les époux, une intempérance légère relevant du péché véniel.

Deuxièmement parce que les époux stériles peuvent procréer, si leur stérilité n'est que partielle (il faut noter que l'impuissance radicale interdit tout rapport conjugal) ; ils peuvent également vivre dans la continence, comme les époux du mariage spirituel.

Troisièmement parce que les vieillards ne se marient pas nécessairement pour des motifs liés à la concupiscence, mais pour le soutien mutuel et l'affection. Quand on vieillit on finit souvent par tomber malade ou devenir infirme, et alors il est nécessaire que quelqu'un nous aide.

Quatrièmement parce que, quand bien même des vieillards se marieraient pour des motifs de concupiscence (ce qui est honteux vu la dégradation de la chair à cet âge), il serait toujours mieux qu'ils agissent ainsi dans le mariage plutôt que de pratiquer la fornication. Là encore il convient de garder en mémoire que le mariage est un état de tolérance : "Si vous vous mariez vous faites bien, si vous ne vous mariez pas vous faites mieux", disait Saint Paul.

 

L'ami breton prétend que les papes modernes (Pie XI, Pie XII et Paul VI) ont enseigné que l'usage du mariage durant les périodes infécondes était pur de tout péché véniel. Or cela est faux. Ils n'ont jamais dit cela. Une fois de plus l'ami breton démontre qu'il n'a aucune rigueur dans son raisonnement...

Les papes modernes n'ont jamais dit que l'usage du mariage durant les périodes infécondes était pur de tout péché véniel, ils ont simplement dit que c'était licite ; ce qui ne signifie pas du tout la même chose ! Contrairement à une idée répandue dans nos milieux, la licéité au sens strictement juridique n'exclut pas absolument tout péché, comme je l'ai démontré dans cet article.

Les historiens profanes qui se sont intéressés à cette question de l'enseignement moral de l'Église en matière de sexualité n'ont pas commis les erreurs grossières que commettent nos prêtres et laïcs traditionalistes, qui se croient parfois plus savants qu'ils ne le sont réellement, au point de regarder de haut les universités contemporaines. Je vous accorde que les facultés de lettres, par exemple, sont envahies de gauchistes et d'imposteurs ; mais il ne faut pas non plus verser dans la caricature : et quand je me suis intéressé aux positions théologiques défendues par nos clercs suite à la crise de l'Église, je suis tombé sur des aberrations qui m'auraient valu un 4/20 si j'avais eu le même raisonnement en tant qu'étudiant en droit.

Ces historiens profanes ont bien remarqué qu'il y avait eu une évolution dialectique entre l'enseignement de St. Augustin et St. Thomas d'une part, et celui des papes modernes d'autre part ; et ce dans le sens où les deux premiers ont eu soin de préciser que l'usage du mariage sans finalité procréatrice relevait du péché véniel, tandis que les papes modernes ne l'ont pas du tout précisé. Cependant, là où ces historiens ont fait preuve de rigueur, c'est qu'ils ont bien fait la différence entre omettre la question, et répondre par la négative. Ce n'est pas parce que les papes modernes n'ont pas abordé le sujet qu'ils ont répondu "non, il n'y a pas de péché véniel". Ce raisonnement est complètement stupide. Et encore une fois le terme de licéité n'exclut pas tout péché, je vous renvoie au lien vers mon article susmentionné.

J'aurais du mal à vous retrouver les noms de ces historiens profanes, mais je me souviens comme si c'était hier de l'avoir lu sur google books.

Maintenant, on pourrait se demander : pourquoi les papes modernes n'ont-ils pas évoqué le sujet ? Je dirais que c'était probablement pour des motifs d'opportunité : ils ont probablement pensé que cela risquait de faire apostasier des catholiques.

Un jour nous parlions de ce sujet avec un prêtre, et il nous a répondu que l'Église n'en était pas là : que la priorité, c'était déjà d'essayer de faire mener une vie un tant soit peu chrétienne à cette mer de pécheurs qui peuple le monde ; et donc il aurait été (et serait encore) hors de propos d'aborder ces questions.

Il y a peu, une catholique orthodoxe a dit à mon frère que la sexualité était "un cadeau de Dieu" ; or vous ne trouverez aucun Père ou Docteur qui enseigne une telle chose ! Ils enseignent tous que depuis le péché originel, le mode de multiplication actuel est infecté par la concupiscence. Autant les Pères grecs ont tendance à diverger des Pères latins en ce que les premiers affirment qu'il s'agit d'une différence de nature (autrement dit sans le péché originel il y aurait eu un autre mode de multiplication, radicalement différent), autant les Pères et docteurs s'accordent sur le fait que la procréation est infectée par la concupiscence, au point que pour Saint Augustin il s'agit du mode de transmission du péché originel.

Ici, je n'entends pas aborder en détail la question de savoir si le mode de multiplication actuel aurait été d'une nature différente sans le péché originel : je me contenterai de dire que je suis l'avis des Pères grecs, qui est également celui de plusieurs mystiques de premier plan, spécialement Sainte Brigitte de Suède et la vénérable Anne-Catherine Emmerick ; et là encore, contrairement à une idée bien ancrée dans nos milieux, l'autorité des prophètes (c'est-à-dire ceux qui reçoivent des révélations de Dieu) est supérieure à celle des docteurs.

Un prêtre sédévacantiste nous a déjà reproché de tenir cette opinion, mais elle est licite : Saint Thomas d'Aquin n'était pas infaillible. S'il a pensé différemment des Pères grecs, c'est par un raisonnement purement naturel, avançant que la nature fonctionnait par mode de transmission / réception ; or la lecture des révélations d'Anne-Catherine Emmerick permet de voir que ce rapport de transmission / réception est justement une suite de la chute lapsaire : elle le dit explicitement.

Les ouvrages du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France (MJCF) sont très clairs sur la sexualité :

"Contre l'affirmation téméraire de ce texte conciliaire [Gaudium et spes], signalons l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin : le mariage et l'usage du mariage ne sont de soi bons et utiles qu'en vue de la génération, ils sont plutôt nuisibles pour tout le reste. Aimer véritablement son conjoint, c'est l'aimer dans son âme plus que dans son corps, pour l'éternité plus que pour la vie présente."

 

Et par pitié, que l'on me cite pas ce passage de la Genèse : "vous ne ferez qu'une seule chair" : car ce verset ne signifie pas que les époux soient des animaux qui doivent passer leur temps à céder au contact des corps ; il signifie que les époux ne font qu'un corps au sens spirituel du terme, qu'ils s'appartiennent l'un à l'autre.

Beaucoup seraient bien aise de pouvoir épuiser sans crainte toutes les jouissances de la chair ; mais il n'en est pas ainsi, et l'usage du mariage sans finalité procréatrice n'est pas dénué de tout péché : de la part de celui qui en fait la demande, il s'agit au minimum d'un péché véniel. Je dis "au minimum" dans le sens où le péché devient mortel en cas d'intempérance grave.

Mais qu'est-ce que l'intempérance grave ?

C'est le cas où les époux violent l'intégrité de l'acte, et c'est également le cas où ils en font un amusement prostitutionnel : par des tenues, des positions, des gestes, ou encore des plaisanteries qui blessent gravement la pudeur naturelle. Et qu'on ne m'accuse pas de pudibonderie, en m'adressant des objections oiseuses et indécentes, et en s'amusant de l'idée qu'on doive montrer de la pudeur dans ces circonstances. En vérité les bons chrétiens et les hommes qui craignent Dieu ont de la pudeur en TOUTES circonstances... Ce n'est pas parce qu'on est marié qu'on a le droit de faire ce qu'on veut : comme le dit un proverbe il y a des limites à tout. 

Si les époux chrétiens n'étaient pas si subjugués par les plaisirs profanes, ils ne sombreraient pas dans l'érotisme contemporain, avec la thèse de l'unicité de l'acte, la synchronisation du plaisir, et j'en passe. Qu'ils songent à quel point ils sont à la charge des prêtres lorsqu'ils leur posent sans cesse des questions sexuelles au confessionnal.

Je connais quelqu'un qui est mort en disant : "j'ai bien vécu : j'ai bien mangé et j'ai bien bu... comme un cochon !"

Dieu veuille que nous n'imitions pas ces païens qui ne Le connaissent pas...

 

 

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